Gattilier

Vitex agnus-castus

Botanischer Garten, Berlin, 22 octobre 2025, photo ChB.

Lamiaceæ (Verbenaceæ selon la classification classique)

Plante mellifère.

Réputé calmer les ardeurs sexuelles. Était utilisé dans les matelas des lits médiévaux]. On en tire une épice nommée « poivre des moines ».

Historiarum mundi, liber XXIV, 38.

Vitice

Non multum a salice vitilium usu distat vitex, foliorum quoque aspectu, nisi odore gratior esset. Græci lygon vocant, alii agnon, quoniam matronæ Thesmophoriis Atheniensium castitatem custodientes, his foliis cubitus sibi sternunt. Duo genera ejus : major in arborem salicis modo assurgit : minor ramosa, foliis candidioribus lanuginosis. Prima album florem mittit cum purpureo, quæ candida vocatur : nigra, quæ tantum purpureum. Nascuntur in palustribus campis.
Semen potum vini quemdam saporem habet, et dicitur febres solvere : et quum unguntur oleo admixto, sudorem facere : sic et lassitudines dissolvere. Urinam cient, et menses. Caput tentant vini modo : nam et odor similis est. Inflationes pellunt in inferiora. Alvum sistunt : hydropicis, et lienibus perquam utiles. Lactis ubertatem faciunt. Adversantur venenis serpentium, maxime quæ frigus inferunt. Minor efficacior ad serpentes : bibitur seminis drachma in vino vel posca, aut duabus foliorum tenerrimorum.
Et illinuntur utraque adversus araneorum morsus vel perunctis tantum : suffitu quoque aut substratu fugant venenata. Ad Venerem impetus inhibent : eoque maxime phalangiis adversantur, quorum morsus genitale excitat. Capitis dolorem ex ebrietate sedant cum rosaceo flos, tenerique cauliculi. Seminis decoctum vehementiorem capitis dolorem dissolvit fotu : et vulvam etiam suffitu vel appositu purgat : alvum cum pulegio et melle potum. Vomicas panosque difficile concoquentes, cum farina hordeacea mollit. Lichenas et lentigines cum aphronitro et aceto semen sanat : et oris ulcera, et eruptiones cum melle : testium, eum butyro et foliis vitium : rhagadas sedis, cum aqua illitum : luxata cum sale, et nitro, et cera.
Et semen, et folium, additur in malagmata nervorum, et podagras. Semen instillatur in oleo decoctum capiti in lethargia, et phrenesi. Virgam qui in manu habeant, aut in cinctu, negantur intertriginem sentire.

Le vitex (vitex agnus, L.) s’emploie pour la vannerie à peu près comme le saule, dont il a les feuilles et l’aspect ; mais l’odeur en est plus agréable. Les Grecs le nomment lygos ou agnos, parce que les femmes d’Athènes, pendant les Thesmophories, temps où elles observent une exacte continence, jonchent leur lit des feuilles de cette plante. Il y en a de deux espèces : l’un, plus grand, s’élève, comme le saule, à la hauteur d’un arbre ; l’autre, plus petit, est rameux, et a les feuilles lanugineuses et plus blanches. Le premier, nommé vitex blanc, porte une fleur d’un blanc mêlé de pourpre. Le noir a des fleurs seulement purpurines. Tous deux croissent dans les plaines marécageuses.
Leur graine, prise en boisson, a un certain goût vineux, et passe pour fébrifuge ; pour sudorifique, si on s’en frotte avec de l’huile ; on dit aussi que de cette façon elle dissipe les courbatures. Les deux vitex sont diurétiques et emménagogues. Ils portent à la tête comme le vin, dont ils ont l’odeur. Ils chassent les flatuosités par le bas ; ils resserrent le ventre. Ils sont très-bons dans l’hydropisie et les affections de la rate. Ils font venir le lait en abondance. Ils combattent le venin des serpents, surtout les venins froids. Le petit vitex est plus efficace contre les serpents ; on en prend la graine à la dose d’une drachme dans du vin ou de l’eau miellée, ou les feuilles tendres à la dose de deux drachmes.
On fait avec les deux vitex un topique contre la piqûre des araignées. Il suffit de s’en frotter, d’en faire des fumigations ou de coucher dessus, pour mettre en fuite les animaux venimeux. Ils répriment les ardeurs vénériennes, et, par cette propriété surtout, ils combattent le venin des araignées-phalanges, dont la piqûre excite les organes génitaux. La fleur et les jeunes pousses, avec de l’huile rosat, calment le mal de tête causé par l’ivresse. La décoction de la graine, en fomentation, dissipe les céphalalgies intenses. La graine, en fumigation et en pessaire, déterge la matrice ; en boisson, avec le pouliot et le miel, elle est purgative ; avec la farine d’orge, elle amollit les vomiques et les tumeurs dont la maturation est difficile ; avec le salpêtre et le vinaigre, elle guérit le lichen et le lentigo ; avec le miel, les aphthes et les éruptions dans la bouche ; avec du beurre et des feuilles de vigne, les gonflements des testicules ; avec de l’eau, en topique, les rhagades du siège ; avec le sel, le nitre et la cire, les luxations. La graine et les feuilles entrent dans les onguents pour les nerfs, et dans les applications qu’on fait aux goutteux. On se sert d’une décoction de la graine dans l’huile, en affusion sur la tête, pour le léthargus et la phrénitis. On assure que ceux qui en portent une baguette à la main, ou à la ceinture, sont préservés d’écorchures entre les cuisses.

« Le mot agnus est ici un emprunt au grec ancien ἄγνος (ágnos), nom de l’arbuste dans cette langue (en latin classique vitex), sans aucun rapport avec le latin agnus « agneau » (« agneau » se dit en grec ancien ἀμνός, amnós). Il y a eu un simple jeu de mots. Il faut ajouter qu’en grec le mot ἄγνος (ágnos) ressemble un peu à l’adjectif ἁγνός (hagnós) « pur, chaste ; sacré » (en latin castus) : autre jeu de mots. » (Wikipedia)

Notons que le même jeu de mot est à l’origine de la désignation du Christ comme « agneau de Dieu ». Cf. l’acclamation qui précède la communion dans la liturgie romaine: « Agnus dei qui tollis peccata mundi misere nobis, […] dona nobis pacem ». Celui qui lave les péchés est pur, ἁγνός, donc c’est un agneau, ἄγνος.